Prix des Musiques d'ICI : les lauréats

14/11/2019

Prix des Musiques d'ICI - Diaspora Music Awards

3e édition

 Les trois lauréats sont :

- M'Toro Chamou [La Réunion]

"Ma musique répond à un besoin, celui de faire connaître la diversité et la richesse de mon île, une terre trop souvent décrite à travers ses problèmes et non montrée dans sa richesse culturelle, une terre à la fois africaine, malgache et française."

Originaire de Mayotte, le guitariste et chanteur M’toro Chamou se définit comme l’héritier d’une identité mahoraise qui combine héritages swahili, malgache, bantou et français. Il débute dans le rap au sein du groupe M’Tsapéré Power, une musique qui permet aux jeunes mahorais d’exprimer en swahili et en français le mal être de leur île à l’identité complexe et au contexte social difficile. C’est en arrivant à Marseille, par la rencontre du manager du groupe IAM, qu’il décide de valoriser le style populaire de Mayotte, le mgodro et de montrer la richesse musicale de son île. Sa rencontre en 1996 avec Baco puis avec Mikidache, les maitres de la musique mahoraise, ses modèles, va être très inspirante. En 1999, Il signe un premier album Kaza Ngoma suivi de trois autres dont le dernier, M'Lango, chante l’histoire et les valeurs mahoraises. Il est accompagné pour la production par l’association le Cri de l’Océan Indien dirigé par Soizik Herodet et pour la diffusion par le PRMA de la Réunion qui lui permettra de se produire notamment aux Transmusicales de Rennes. En 2000, il assure la première partie d’Higelin à Mayotte et à la Réunion, un artiste qui lui apprendra la scène et le contact avec le public. Quatre ans plus tard, il joue en première partie d’Arthur H. Marquée par le succès de Youssou NDour qu’il découvre en arrivant à Paris, sa musique revendique son héritage africain, swahili, bantou, malgache mais s’est également nourri de divers styles comme le reggae et le blues. Il se produit actuellement sur scène avec trois musiciens : Johan Saartave à la basse, Didier Dijoux à la batterie et Miguy Petrel qui assure la deuxième voix.

 

- Perrine Fifadji [Nouvelle-Aquitaine]

« Ma musique est à la fois un acte militant, une volonté de montrer la richesse musicale de l’Afrique et l’expression de ma terre intérieure, au croisement de plusieurs mondes. »

Cette artiste béninoise née en 1969, à Pointe-Noire, au Congo, grandit entre trois langues, le français, le fon parlé à la maison et le lingala, langue congolaise qu’elle utilise dans sa musique et notamment dans son album à venir, Motema. Ses parents lui font écouter Donna Summer, Bob Marley et l’emmènent écouter les pointures de la rumba congolaise (Rochereau, Franco, MPongo Love). Arrivée en France à l’âge de dix ans, elle rejoint le collectif bordelais Aspo, un groupe entre rock steady et ska jazz avant de renouer avec ses racines africaines et de chanter en différentes langues africaines, fon, lingala, wolof, malgache, une volonté militante de faire découvrir la diversité musicale de l’Afrique. En 2005, elle monte un spectacle faisant dialoguer le corps voix et la musique, l’Afrique et l’Occident entouré de deux instrumentistes, Francis Passicos (Sitar, Bols, Ocarina, Flûtes, Tambour tonnerre…) et Emmanuel Arné (Guitare, Harmonium, Sanza …). En 2011, elle signe un premier album Awada Kpè Kpè, adaptation sonore du spectacle chorégraphié La Chrysalide  puis en 2012, crée Biface, un duo épuré guitare/voix aux accents afro-blues en compagnie du guitariste burkinabé Seydou Sana dit «Khanzaï». Suite à sa résidence de création au Rocher de Palmer effectuée en 2018, elle s’apprête à sortir en novembre 2019, sous le label belge HomeRecords.biz, un album de 11 titres Motema (Goutte d’eau en lingala) accompagnée du violoncelliste Valentin Mussou, du guitariste malgache Rija Randrianivosoa (qui accompagne le Trio Joubran) et du percussionniste macédonien Ersoj Kazimov (musicien du Taraf de Haïdouks).

 

- Rusan Filiztek [Île-de-France]

"Ma musique est la quête d’autres musiques, celles du pays où je vis aujourd’hui mais aussi celles des minorités opprimées interdites dans leur pays et qui peuvent s’exprimer et se réinventer dans l’espace de liberté que représente Paris."

Issu d’une famille kurde, Rusan Filztek a appris le saz très jeune auprès de son père, musicien amateur, puis a poursuivi des études au Conservatoire de Marmara en Turquie où il s’initie à divers instruments comme le oud, le Kumbust (instrument à cordes kurde, mélange de banjo et de oud) et le daf kurde. Il entreprend pendant dix ans des recherches sur les différentes musiques kurdes voyageant à travers la Syrie, l’Iran, l’Irak. Il se penche également sur les musiques de toute la zone comme la musique araméenne, la musique sacrée alévie, les musiques des chrétiens d’Orient et les musiques arméniennes. Arrivée en France il y a quatre ans, il découvre la musique médiévale auprès de Jordi Savall, collabore au film Djam de Tony Gatlif. Son credo : croiser les notes avec des artistes occidentaux (flamenco, musique irlandaise) mais aussi s’offrir des rencontres avec des artistes d’autres minorités opprimées dans leur pays avec qui il peut composer des répertoires nouveaux dans l’espace de liberté que représente Paris. Actuellement, il dirige un ensemble comprenant  Marie-Suzanne de Loye (viole de gambe), François Aria (guitare flamenco), Sylvain Barou (cornemuse, zurna et doudouk) et Wassim Halal (percussions).

 

Les finalistes de cette 3e édition sont : 

Anissa Bensalah [Île-de-France]
Antoine « Tato » Garcia [Occitanie]
Kalliroi & le FadoRebetiko Project [PACA]
M’Toro Chamou [La Réunion]
Rusan Filiztek [Île-de-France]
Perrine Fifadji [Nouvelle-Aquitaine]

À VOIR : Émission Concert Ocora-Couleurs du monde

 

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