Causeries Musicales

16/08/2018
Causeries Musicales

• Echanges autour du film indonésien Marlina la tueuse et sur  la situation de la femme en Indonésie

 Le 1er novembre de 16h à 17h au cinéma Le Studio à Aubervilliers

Omniprésence des figures féminines dans les cultes indonésiens, sociétés matriarcales à Sumatra Ouest, associations de femmes musulmanes à la pointe de la lutte pur l’égalité hommes/femmes  dans les années 1990/2000,  militantes écologistes, romancières, cinéastes : l’image de la femme indonésienne est plurielle et  ses combats sont une source d’enseignement pour le monde. Pourtant ils restent méconnus sur la scène internationale.

Débat dans le cadre d'un Ecran du festival : Repas indonésien, démontration de danses Randai, projection du film « Marlina la tueuse en quatre temps » de Mouly Surya et débat.

Les Outre mers et sans terres ... Qu’est-ce qu’une île, qu’une terre, qu’une patrie ?

Le 3 Novembre de 18h à 19h30 à Petit Bain à Paris. 

Avec Paul Wamo (chanteur kanak de Nouvelle-Calédonie), la plateforme In Transit (avec plusieurs artistes Palestiniens) et des DJ de l'Île de la Réunion.

La réponse se cache aussi dans la poésie étincelante du Kanak Paul Wamo, les rythmes de la Réunion, le chant des artistes du Moyen-Orient qu’invite le collectif In Transit, où la rage de palestiniens dont le territoire se mue en archipel (voir https://blogs.mediapart.fr/edition/palestine/article/150717/larchipel-de-palestine-orientale).

L'histoire nous montre que de nombreux peuples ont réussi, par le dialogue ou la lutte armée, à disposer d'un statut d'autonomie ou à obtenir leur indépendance. Des peuples ont toujours défendu leur forte identité par des traits culturels particuliers et savent exprimer leur sentiment d'appartenance à une communauté soudée par l'histoire, leur aspiration, leur quête de reconnaissance ou de liberté, le désir de maîtriser leur destin, de pratiquer leurs langues, d'être reconnues officiellement. D'après Pierre Rabhi, "il y a le lieu dans lequel on veut vivre mais aussi mourir. Mais ce n'est pas tragique du tout, moi j'ai envie de mourir ici. Je suis né dans le désert, mes racines sont là bas. Je suis reconnaissant à cette terre qui m'a accueilli, qui m'a nourri, qui a nourri mes enfants et c'est devenu ma patrie (...). On a pris une terre souffrante, stérile, presque improductive et on en a fait une terre fertile(...)".

Qu’est-ce qu’une île, qu’une terre, qu’une patrie ? Une soirée pour danser et penser, à quelques jours du référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

• Rencontre professionnelle autour du spectacle Jeune Public.

Les 5 & 6 Novembre de 10h à 18h à l’Espace Jemmapes à Paris, avec le réseau RamDam.

Les conditions d’existence de la musique jeune public étant fragiles, souvent de courte durée, les modèles de création, de production et de diffusion réclament une meilleure adaptation des institutions et des usages professionnels concertés pour une organisation plus transversale et durable.

L’évaluation et la restitution de nos pratiques nécessitent une meilleure concertation entre les acteurs professionnels pour se renouveler, en s’inspirant des pratiques d’autres secteurs et dans une logique d’économie sociale et solidaire pour élaborer de nouveaux outils permettant de mieux anticiper la viabilité à long terme, et la créativité des projets.

L’espace critique et esthétique est également un sujet central au regard de l’abondance d’offre et des besoins professionnels identifiés: quelle(s) intention(s) artistique(s) peut-on avoir dans la création musicale à l’adresse d’un jeune public? Comment valoriser des usages artistiques et / ou économiques exemplaires? Comment favoriser la circulation des oeuvres ?

En association avec le festival Villes des Musiques du Monde, RamDam propose à tous les professionnels du spectacle de musique jeune public la formalisation d’un temps fort dédié à la confrontation des usages des différents réseaux, à la rencontre pour s’initier à de nouvelles pratiques, valoriser les projets et promouvoir le genre musical à l’adresse du jeune public.

 • Artistes de la diaspora, problématique de l'assignation identitaire ...

Le 6 novembre de 14h30 à 17h à la Cité des Arts, à Paris. 

Avec Bertrand Dicale, auteur du livre Ni noire ni blanche, histoires des musiques créoles, Bob O'Meally, spécialiste du jazz, Edgard Sekloka. 

En présence des artistes en résidence à la Cité des Arts, des artistes finalistes du Prix des Musiques d'ICI et du public.

A l’occasion de la victoire de la France lors de la Coupe du Monde de football, Trevor Noah,  l'animateur vedette de la télé américaine, d’origine sud-africaine,  a créé la polémique en France et dans le monde en  parlant de  la victoire de l'équipe de France comme celle des "bleus africains". Le débat portait essentiellement sur la question ou non de revendiquer une identité  plurielle ou « identité relation » selon l’expression d’Edouard Glissant, sans que cela ne soit perçu comme une déclaration de guerre.  Ce problème récurant depuis plusieurs décennies  de l’assignation identitaire, est également présent dans le monde de la musique. Un musicien français d'origine africaine ou nord africaine qui joue du blues, du rock  est facilement étiqueté musiques du monde : on peut citer le cas du rocker Rachid Taha récemment disparu, enfermé dans la case « raï » par les medias ou la  polémique provoquée par l'annulation du concert de Black M pour la commémoration de la bataille de Verdun et sa réponse musicale avec le titre "Je suis chez moi"... Si l'artiste est français d'ascendance étrangère, sa musique est-elle française à part entière ou entièrement à part. Aujourd’hui,  les artistes de la nouvelle génération ont décidé de répondre à cette assignation : ils revendiquent cette identité plurielle tout en s’inscrivant dans des courants musicaux majeurs et affirment,  par des terminologies propres (afro punk, afro-rap, électro-oriental, etc.),  leur singularité. Dans l’échange entre  Trevor Noah et l’ambassadeur de France à Washington  qui déclarait « Pour nous il n'y a pas d'identités avec des traits d'union. Les racines sont une réalité individuelle », la question de l’assignation identitaire a donc été posée et largement discutée dans les réseaux sociaux. 

Le Prix des Musiques d'ICI - Diaspora Music Awards qui signe cette année sa deuxième édition vient apporter sa contribution au débat pour soutenir des artistes issus des diasporas, de cultures diverses qu'ils revendiquent et réinventent. Comme au début du siècle dernier, les Italiens, les Auvergnats et les Manouches construisirent ,dans la rue de Lappe,  le jazz  musette qui symbolise aujourd’hui le son de la France dans le monde,  Ils contribuent à construire la musique de la  France d'aujourd'hui et ont amorcé un profond  mouvement, celui d'une génération transculturelle ...

Ce même jour aura lieu l'élection des trois lauréats du Prix des Musiques d'ICI 2018.

Causeries passées

• LA MUSIQUE ULTRAMARINE, MUSIQUE DE DOM-INÉS ? 

Le 13 octobre de 14h à 15h30 au Théâtre Equestre Zingaro à Aubervilliers

Animée par Jean-Michel DENIS, collaborateur à « Paris Match/Afrique » et de plusieurs artistes,  Nicolas Lossen, Ymelda, Chantal Loial (Cie Difé Kako), Roger Raspail, Dédé Saint Prix et  Eric Basset, directeur d’Aztec Music.

Titre provocateur pour un débat qui se voudrait provocateur de réactions et d’analyses. Dominée, autre façon de dire « discriminée », « à part ». Musique des Antilles et de la Réunion, scènes-fourmilières « administrativement » françaises mais comme tenues à l’écart du terroir culturel gaulois ? Les faits sont pourtant là :   le groupe Kassav’,  unique artiste antillais primé en 33 ans de Victoires de la musique. Pas un seul musicien d’Outre-mer primé aux Victoires du jazz depuis 30 ans ! Un pianiste hors pair et novateur comme Marius Cultier qui eut toutes les peines du monde à vivre de son art. Le génial percussionniste Velo mort dans la précarité, entre mille autres exemples. Et le plus significatif de tous : le trompettiste Franck Nicolas qui a récemment fait une grève de la faim en signe de protestation contre ce « plafond de verre ». Il y a donc bien problème. Mais de quel problème s’agit-il ? Politique ? Economique ? Sociétal ?   

• Madagascar, île continent  et archipel musical

Le 17 octobre de 18h à 19h30 à l'Espace Maurice Utrillo à Pierrefitte-sur-seine

Autour de l’exposition Roots Power de Erwan Larzul qui aura lieu du 6 au 26 Octobre à l'Espace Culturel Maurice Utrillo de Pierrefitte-sur-Seine.

Madagascar offre une diversité musicale très riche, chaque région développant des pratiques et des styles singuliers. Si quelques artistes sont parvenus à l'exporter au-delà des océans, nombreuses sont les facettes qu'il reste à découvrir. C'est à cette découverte que vous invite cette conférence à travers des éléments de captation, d'archives et des vidéo-clips populaires.

• Echanges autour du film « Mon Algérie » de Raymond Mourlon et autour de l'autodétermination des peuples

Le 17 octobre de 20h45 à 21h45 au cinéma Le Studio à Aubervilliers

Débat animé par Rabah Mezouane autour de la question de l'autodétermination des peuples, de l'Algérie à la Nouvelle-Calédonie en passant par les Kabyles du Pacifique .

Destins communs, communauté de destins

Le 6 juin 1958, à Mostaganem (Ouest algérien), le Général De Gaulle s’écriait, en fin d’allocution : « Vive l’Algérie française ! ». A cet instant, le chef d’Etat français assignait, encore, comme mission à ses armées celle de conserver l’Algérie, tenus pour partie intégrante de la France ou « le prolongement de la France », comme l’avait souligné un certain François Mitterrand.

Le 16 septembre 1959, alors que la bataille faisait rage, on note un changement de stratégie, sans pour autant renoncer à une forte présence française en Algérie. Cependant, De Gaulle lance un nouveau pavé, de nature à ébranler et secouer à la fois les « Pieds – Noirs » et les militaires. Il évoque, en effet, le terme d’autodétermination qui, menée à son terme aboutira sur l’indépendance, un 5 juillet 1962, de l’Algérie.

En 1853, le long du Pacifique, la Nouvelle-Calédonie devient colonie française avant de troquer cette situation peu enviable contre celle, pas plus désirable, en 1946, de territoire d’outre-mer. Il fallut attendre l’année 1998 pour qu’elle obtienne un statut spécifique, consigné dans la Constitution française, la transformant en collectivité territoriale sui generis (unique en son genre) avec, à la clé, une autonomie étendue, et comme zone d’ombre au tableau les domaines régaliens gérés par la France. L’Etat est représenté à Nouméa par un haut-commissaire de la République, équivalent du préfet.

Après un long cheminement, marqué parfois par des événements tragiques, la Nouvelle-Calédonie s’apprête, pour le 4 novembre 2018, à se prononcer par oui ou par non à la question suivante : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ». Ce référendum prévu de longue date sera l’aboutissement d’un processus entamé avec les accords de Matignon, en juin 1988. 

Mais comme pour l’Algérie, il lui est proposé la possibilité de devenir un Etat « associé », c’est-à-dire un Etat indépendant qui pourrait décider de son plein gré de déléguer certaines compétences à la France. Ou un Etat « fédéré », c’est-à-dire que l’archipel resterait dans la République, mais avec une constitution de son cru.

Ces deux éléments mettent en relief des destins presque similaires entre l’Algérie et la Nouvelle-Calédonie. Mais les deux pays ont partagé en commun les destinées des déportés algériens, majoritairement des Kabyles punis après leur insurrection de 1871, coïncidant avec les communards qui les accompagnèrent sur les bateaux en partance pour Nouméa, mais aussi pour la Guyane.

Entre 1864 et 1897, plus de 2000 personnes sont déportés, transportés ou relégués en Nouvelle-Calédonie. La plupart se sont fixées dans ce territoire et ont fondé des familles, dont les ancêtres n’ont pu participer au référendum en Algérie. Les héritiers auront l’occasion de s’exprimer sur celui de cette terre à laquelle ils s’identifient fortement sans renier leurs racines.

Partenariat avec le 93 au Cœur de la République.

Débat dans le cadre d'un Ecran du festival : projection du film « Mon Algérie » de Raymond Mourlon, débat et concert de Paul Wamo, poète Kanak. 

 

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