interview Isabelle Bouyoux

Isabelle Bouyoux (Association Arcana) : « Si la musique ne sert pas à s’épanouir, à quoi sert-elle ? »

Quelques-uns des membres de son association collaboreront cette année avec l’ensemble arabo-andalou El Mawsili. Isabelle Bouyoux nous présente son association …

Qu’est-ce qu’Arcana ?

Isabelle Bouyoux : L’association Aracana est une école de musique qui existe depuis une cinquantaine d’années à Epinay. Elle s’est montée en même temps que le conservatoire. Elle se démarque des institutions traditionnelles en ne classant pas les élèves par niveau : il n’y a pas d’examen, il n’y a pas de redoublement, … Au niveau du contenu même de l’enseignement, les enfants ont un cours d’instrument … Les enfants et les adultes, d’ailleurs, parce qu’on prend tous les âges. On commence à deux ans et demi avec l’éveil musical et je crois que notre doyen a soixante-dix-huit ans. Tous prennent un cours de solfège, un cours d’instrument et, surtout, peuvent participer à tout un tas d’activités collectives. On a quatre orchestres : un ensemble de guitare, un groupe de rock, un groupe d’improvisation jazz, un ensemble à vents, … Enfin, on a tout un tas d’activités pour que les gens puissent faire assez rapidement de la musique collective.

Pourquoi, cette année, se rapprocher de l’ensemble El Mawsili ?

Isabelle Bouyoux : Ce qui nous plait dans ce projet, qui n’en est qu’à ses balbutiements, c’est qu’El Mawsili fait de la musique arabo-andalouse, ce que nous ne faisons pas. Le projet serait un mélange : que l’un de nos orchestres puisse jouer de la musique arabo-andalouse, qu’on puisse faire un arrangement pour cet orchestre, et qu’à l’inverse, on puisse intégrer des instruments utilisés pour la musique arabo-andalouse dans de la musique classique européenne.

Partagez-vous des valeurs avec El Mawsili ? Pour vous, l’enseignement de la musique va-t-il au-delà des questions de solfège et d’instrument ?

Isabelle Bouyoux : En quelque sorte, oui. On est une école de musique mais c’est vrai que, de par les activités collectives qu’on organise, y compris l’organisation de stages de musique où on emmène les enfants ou les adultes au loin pour faire de la musique pendant une semaine, on a développé – à mon avis, beaucoup plus que dans un conservatoire normal – les relations entre l’équipe pédagogique et les élèves, mais aussi entre les élèves eux-mêmes. Il est important pour nous que chacun ne reste pas cloisonné dans sa tranche d’âge, que les plus grands puissent jouer avec les plus petits (et vice versa). On essaie de se débrouiller pour que, dans les activités musicales, quelles qu’elles soient, il y ait de vrais croisements, que ça aille au-delà du fait d’apprendre un instrument de musique. L’idée, c’est d’essayer d’aller le plus loin possible avec son instrument mais aussi de s’épanouir complètement. Si la musique ne sert pas à s’épanouir, à quoi sert-elle ?

Propos recueillis par François Mauger

Retrouvez l'Orchestre Arcana en concert ICI