interview Karine Gonzalez

interview Karine Gonzalez (c) StudioDelaunay

Karine Gonzalez : « L’Andalousie, c’est l’Orient en Occident »

Brève discussion tandis que la danseuse ébauche le spectacle qu’elle créera avec son amie Nuria Rovira Salat pour l’ouverture du festival…

 

L’année dernière, pour le festival Villes des Musiques du Monde, vous faisiez parcourir au public le chemin qui mène de Cadix à Séville et vous montriez la diversité des formes de danse flamenca en Andalousie. Comment expliquer ces différences entre des villes à peine distantes de 50 kilomètres ?

 

Karine Gonzalez : C’est une question d’histoire, d’histoire et d’organisation administrative des provinces espagnoles. Chaque ville a ses artistes et son type de chant ou de danse. Il y a des couleurs particulières à chaque ville : chacune a un son particulier. C’est assez impressionnant. Peut-être que cela va disparaître. Mais, pour l’instant, on a encore des gardiens de ces différentes traditions.

 

Les organisateurs vous donnent raison puisqu’ils ont sous-titré cette édition du festival « Les Andalouses ». Pour vous aussi, l’Andalousie est plurielle ?

 

Karine Gonzalez : Ah oui, complètement. L’Andalousie est plurielle depuis la nuit des temps. C’est un creuset culturel où il y a eu les fameuses trois cultures : arabe, juive et chrétienne. Il y a eu ce métissage puis l’apport de la communauté gitane, du peuple gitan, qui, en lui, dans ses veines, porte une pluri-culturalité. Il vient du Rajasthan, au nord-ouest de l’Inde, et il a fait un long voyage par le nord (l’Europe de l’est, la France et l’Espagne) et par le sud (via l’Egypte et le Maghreb). Il est donc assez cohérent de parler « des Andalouses ». Ca rejoint aussi le thème du spectacle que nous préparons, qui est en train de naître. Avec Nuria Rovira Salat, nous sommes en train de mettre quelques mots sur ce projet. L’Andalousie, c’est l’Orient en Occident. Mes amis iraniens, lorsqu’ils y passent, me disent qu’ils s’y sentent comme chez eux. On y trouve des échos du Maghreb, de l’Inde, du Bosphore, des tziganes, … Plein d’échos.

 

Y a-t-il une chance que la création que vous préparez pour l’ouverture du festival soit vue ailleurs ensuite ?

 

Karine Gonzalez : On l’espère de tout cœur avec Nuria, on espère avoir des retombées. D’autant plus qu’avec Nuria, on travaille ensemble depuis des années. On avait créé un spectacle, Azahar, déjà sur les deux Andalousies. On poursuit cette sorte de fraternité artistique. Pour nous, pour l’instant, ce n’est que du bonheur…

Propos recceuillis par François Maugier

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