Interview Simon Elbaz

Interview Simon Elbaz

Simon Elbaz : « Le dialogue entre juifs et musulmans fait partie de mon histoire »

Auteur, comédien, compositeur, joueur de oud et chanteur né au Maroc, Simon Elbaz s'inspire de la tradition poétique judéo-arabe pour élaborer son propre style, le « matrouz ». Ses explications...

Le « matrouz », en arabe, c'est ce qui est brodé. Quelles cultures reliez-vous dans votre broderie musicale ?

Simon Elbaz : Effectivement, le Matrouz (en arabe, « ce qui est brodé »), relie les cultures des trois peuples du Livre.

En quelles langues chantez-vous ? Et d’où vous vient la connaissance de ces langues ?

Simon Elbaz : Je chante en arabe, ma langue maternelle, et en hébreu, deux langues sémitiques de l'enfance, que je n'ai pas voulu laisser enfermées entre elles et que j'ouvre principalement au français, au judéo-espagnol, au latin et d'autres langues...

Peut-on parler, à propos de votre travail, d'un fil judéo-arabe qui permettrait de remonter jusqu'à l'Andalousie médiévale ?

Simon Elbaz : Mon travail est rattaché au creuset de l'Andalousie pluriculturelle, d'autant plus naturellement qu'à Boujaad, mon village natal, cohabitaient les trois communautés juive, musulmane et chrétienne.

Etes-vous nostalgique de cette époque ?

Simon Elbaz : Non, je ne suis pas nostalgique et, riche de ce vécu de l'enfance, je tente, à travers mon travail artistique, de recréer d'autres « petites Andalousies ».

Le dialogue entre juifs et musulmans semble être passé de mode. Vous cherchez à renouer les fils de ce dialogue ?

Simon Elbaz : Ce dialogue fait naturellement partie de mon histoire et, depuis plus de trente ans que je travaille sur le Matrouz, il est intimement inscrit dans mes créations, qu’elles soient musicales, poétiques ou théâtrales.

Au festival Villes des Musiques du Monde, vous jouerez en première partie de l'ensemble El Mawsili. Le connaissez-vous ? Quelles sont vos relations avec lui ?

Simon Elbaz : Je voudrais simplement dire que c'est un plaisir pour moi de jouer en première partie de l'Ensemble El Mawsili. En effet, outre mon travail personnel sur le Matrouz, je fais partie de cet ensemble... que je rejoindrai donc pour la deuxième partie de la soirée.

Propos recueillis par François Mauger