20 ans !

20 ans de Musiques !

20 ans !

Chanteurs italiens ou algériens, danseurs argentins ou ivoiriens, musiciens antillais ou arabo-andalous... Il y aura foule autour du gâteau d’anniversaire de Villes des Musiques du Monde ! Et chacun manifestera un attachement tout particulier à ce festival hors-norme. Ainsi, Titi Robin, qui présente cette année le résultat de ses répétitions avec les musiciens amateurs du 93 Super Raï Band, avoue : « Moi, ce qui me touche le plus, c'est que ce festival s'emploie à garder le lien entre la musique, les gens qui la font et les peuples qui l'ont vue naître. On oublie trop souvent ce lien. On pense la musique comme quelque chose qui est éthéré, qui est suspendu dans l'air. Pour moi, Villes des Musiques du Monde, c'est ça : toujours ré-ancrer l'art dans la vie, auprès de ceux qui le font ou, quand ce n'est pas eux-mêmes, de leurs enfants ou de leurs descendants ».

Le percussionniste Roger Raspail est quant à lui sensible à la permanence du travail de sensibilisation et d’éducation que l’équipe effectue en Seine-Saint-Denis. « Il ne suffit pas de donner de la musique aux gens pendant six semaines puis les renvoyer devant leur télévision » assène-t-il. « C'est là qu'est l'âme de ce festival, dans ces moments où il s'ancre dans son territoire » ajoute le guitariste Camel Zekri, qui revient cette année avec un spectacle jeune public. Le saxophoniste Bruno Wilhelm partage la tendresse de tous pour ces programmateurs et ces animateurs qu’il décrit comme avant tout « passionnés par ce que la musique apporte à notre société et la façon dont elle impacte nos vies. Leur idée est de voir ce que la musique peut apporter à chacun en tant que miroir ». Pour autant, personne n’oublie la qualité des concerts : « C’est un festival à dimension humaine qui programme de la grande musique » résume Roger Raspail. « J’ai assisté à de très très beaux concerts. Je joue souvent dans de grands festivals européens et je considère que Villes des Musiques du Monde a le même niveau. »

Et, s’il faut faire un vœu au moment de souffler les bougies, pour Titi Robin, ce serait « qu'il fasse des petits un peu partout en France. Notre pays a besoin de culture, a besoin qu'on lie les quartiers défavorisés à une dignité culturelle. Je pense que c'est l'un des meilleurs moyens de sortir par le haut des problèmes qu'on a en ce moment. » Ce qu’en conclusion Camel Zekri formule autrement : « J'espère aussi que Villes des Musiques du Monde va réunir toujours plus de public, qu'il va continuer d'apporter du dynamisme aux cités, de la fierté aux gens, du possible aux enfants... » 

François Mauger,
membre du comité éditorial de Villes des Musiques du Monde