Soirée d’ouverture — 30 ans du Festival Villes des Musiques du Monde × 10 ans du Festival Mois Kréyol
Pour ouvrir cette édition anniversaire, Villes des Musiques du Monde invite à un grand Banquet Kréol : une soirée où la table, la danse et la musique se répondent entre le chapiteau, la Halle et l’open air du Point Fort. Sous la Halle, le banquet créole et son food court associatif battent leur plein aux côtés des animations des collectifs Les Poussières et Fer à Coudre et du vernissage de deux expositions, avant que la nuit ne bascule dans le grand concert d’Akiyo, mené par François Ladrezeau et ses invités, se terminant par un grand koud tambou. Sous le chapiteau, la soirée s’ouvre sur un hommage à Claude Kiavué (alias Jimmy) qui a créé « Fêtes et Forts » en 1984, le premier grand festival de hip-hop et de danse en France. Cet événement pionnier a eu lieu au Fort d’Aubervilliers. Avant de laisser place au maître percussionniste Roger Raspail et à son Karaïb Kollectif Ensemb. En parallèle, l’open air accueille La Sun Goes Down, en featuring avec Horde, pour prolonger la fête jusqu’à minuit.
Akiyo — François Ladrezeau + invités
Akiyo est un groupe de musique dont les tambours résonnent à la fin des années 70 dans les rues de Pointe-à Pitre durant le carnaval. Constitué en mouvement culturel, Akiyo entend redynamiser la culture guadeloupéenne pendant le carnaval et au-delà. Son engagement et son encrage identitaire devient son ADN dès le début ; en lieu et place des costumes de satin et de paillettes, ils vont emmener une nouvelle écriture de leur espace-temps : ils requestionnent le corps comme un espace d’Histoire, un lieu social et politique. Les masques, les costumes, les instruments sont repensés et utilisés pour parler des problématiques qui touchent la Guadeloupe. Les rythmes Saint-Jean habitent leur musique. Son nom même naît de l’interrogation du public — « a ki yo ? », « mais qui sont-ils ? ». Pionnier et doyen des « gwoup a po » (groupes à peaux de tambours), Akiyo a porté ce mouvement bien au-delà de l’archipel et demeure une référence de la résistance culturelle guadeloupéenne, des combats sociaux — dont la grève générale de 2009 — à la mémoire de l’esclavage.
Roger Raspail & Le Karaïb Kollectif Ensemb
Depuis les années 1970, Roger Raspail — surnommé Wojé en créole guadeloupéen — est l’un des piliers du gwoka, aux côtés de Guy Konket et Erick Cosaque. Initié dès l’adolescence par le maître Rudolphe Coppry, il traverse ensuite la scène parisienne des années 70-80 sous l’aile du percussionniste Guem, avant de mettre son art au service d’une constellation d’artistes majeurs : Sam Mangwana, Pierre Akendengué, Papa Wemba, Kassav ou encore Cesaria Evora. Percussionniste, professeur de musique traditionnelle diplômé d’État, il a été élu meilleur musicien percussionniste français 2023/2024 par Jazz News et Jazz Magazine.
Il porte aujourd’hui le projet Karaïb Kollectif Ensemb, au sein du collectif Racine Caraïbe : sept artistes — Annette Nicolas (chant, percussions, danse), Gildas Lutin (voix lead, danse), Nerlande Bazelais (chœurs, percussions, danse), René Burin (tambour boula, chœurs), Jean-Mary Louissaint (chant lead, tambour d’Haïti), Roger Raspail (tambour makè, chœurs) et le maître du tambour bèlè martiniquais Jean-Philippe Grivalier. Rodé sur de nombreuses scènes en France et en Europe — de la Philharmonie de Paris au Cabaret Sauvage, du Tamanoir de Gennevilliers au Metro 54 d’Amsterdam — le collectif célèbre les traditions musicales et chorégraphiques des îles dans un esprit de partage, de transmission et de rencontre avec le public.
Sun Goes Down
Nés en Martinique il y a 9 ans, les Sun Goes Down sont des événements de Deep House, House et Minimal.
Dans le cadre ensoleillé de la plage du Carbet, et parfois dans un univers plus jungle, au cœur d’une villa nichée dans la végétation tropicale, la Deep House prend ses marques le temps d’un coucher de soleil et d’une soirée.
L’intensité des lieux, avec leur côté roots et coloré, confère à l’ambiance house électro toute sa profondeur et son émotion. Sun Goes Down distille des rythmes puissants et les mélodies profondes de la House, de la Deep House et de la Minimal, pour un cocktail particulièrement détonnant dans des environnements à la fois festifs et empreints de l’esprit peace.
Difé Kako
Compagnie co-productrice de la soirée, Difé Kako accompagne la création originale portée par Akiyo, faisant dialoguer les répertoires guadeloupéens avec les univers de musiciens complices d’Île-de-France.
Hommage à Claude Kiavué
La soirée rend hommage Claude Kiavué (allias Jimmy), grand militant de la culture d’origine guadeloupéenne, fondateur de Fêtes et Forts et figure de l’OMJA (ex Office Municipal de la Jeunesse d’Aubervilliers, structure incubatrice du festival Villes des Musiques du Monde.
Expositions
Sous la Halle, deux expositions :
L’exposition « Fêtes et forts (1984-85) » présente des photos de Willy Vainqueur pour raconter les débuts du hip-hop et le premier grand festival de danse Hiop Hop et des premiers « battles » de danse en France au Fort d’Aubervilliers.
L’exposition « Mémoires des Musiques du Monde »
Le réseau Zone Franche a lancé sa tournée de cette exposition à Angoulême le 4 juin 2026, à l’occasion de la 50e édition du festival Musiques Métisses. Cet événement a marqué le coup d’envoi d’une exposition itinérante prévue pour les années 2026 et 2027, accompagnée de podcasts inédits.
Exposition conçue pour voyager et mettre en valeur un demi-siècle de musiques du monde en France.
Cie Fer à Coudre & Cie Les Poussières
Les installations visuelles de la compagnie Fer à Coudre scénographient et illuminent les extérieurs du Point Fort. La compagnie Les Poussières met en scène la Halle et anime le Banquet Kréyol, proposant des formes mobilisant les habitants de la ville, dans l’esprit d’une carte blanche partagée.
En partenariat avec le Festival Mois Kréyol & le Centre culturel suisse
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