Certains s’en étonnent mais nous aimons nos villes. Et c’est un comble : nous avons la prétention de faire partager cet amour. Les couleurs, le foisonnement des vêtements, la diversité des visages et des langages, l’étrangeté des sons nous séduisent… C’est un amour raisonnable : il ne nous aveugle pas et ne nous conduit pas à ignorer les difficultés, les côtés sombres. Nous aimons aussi nos villes parce qu’elles sont des espaces de création et d’invention et qu’en dépit de la pauvreté et même de la misère, la solidarité, l’ouverture, la volonté y existent et prennent là tout leur sens.
Alors, cette année encore, nous vous invitons à la rencontre, dans nos villes où l’avenir se construit. Il dépend de nous qu’il soit fait d’échanges, d’acquisitions communes, d’accueil et non d’ignorance et de rejet mutuels. Des artistes nous livrent leurs sensations, leurs sentiments, leur regard sur la réalité complexe de ce début de 21ème siècle. Ils disent, parfois avec des formes d’hier, parfois avec des formes nouvelles, les espoirs, les souffrances, les joies, les bonheurs, les malheurs, et cette expression est source de plaisirs, d’émotions, d’intelligence… Plus que jamais, Villes des Musiques du Monde veut participer à cette actualité d’un univers neuf où se tissent des liens inédits entre tradition, modernité, urbanité… La complexité effraie, inquiète. Nombreux sont ceux que l’étrangeté insécurise. Nous voulons leur donner des raisons d’espérer, de rêver, d’ouvrir les yeux et les oreilles. A chacune et à chacun, nous avons l’envie d’offrir quelques outils pour voir, réfléchir, comprendre, s’exprimer, agir et transformer. Le programme est ambitieux mais nous sommes tenaces. Habiter les villes-monde du futur est une chance. Sachons la saisir et la partager…
André Falcucci – Président de l’association Villes des Musiques du Monde